Axes Scientifiques

Au-delà de sa dimension purement technologique, l’innovation a des implications sociétales importantes, en particulier en ce qui concerne de nouvelles formes de régulation, de nouveaux mécanismes d’incitation, de nouvelles formes organisationnelles et d’arrangements institutionnels. De même, au-delà de ses implications, l’innovation doit être analysée en termes de trajectoires, processus et mécanismes qui eux aussi requièrent une approche enrichie intégrant les dimensions technologiques, organisationnelles, spatiales et sociétales de l’innovation.

Cette approche englobante de l’innovation peut être déclinée à travers quatre axes qui renvoient aux travaux scientifiques menés dans les deux unités de recherche qui portent l’EUR ELMI :

  • le GREDEG (UMR 7321 du CNRS et Université Côte d’Azur)
  • INSTAR (équipe ECRIN de SKEMA Business School et Université Côte d’Azur).
Innovation & Transformations numériques (Nouveaux écosystèmes, nouveaux usages, nouvelles règles)
Cet axe étudie les transformations économiques, organisationnelles, juridiques et sociologiques induites par l’avènement des technologies numériques. L’originalité est d'aborder les effets de la transformation numérique à travers une approche interdisciplinaire dans le domaine même des sciences humaines sociales (SHS), laquelle se voit aujourd’hui renforcée par des collaborations de recherche menées avec des chercheurs en STIC. L’enjeu est d’étudier un même objet de recherche (les effets de la transformation numérique, entendue comme innovation) avec des approches à la fois différentes et complémentaires.

Plusieurs niveaux de transformation sont analysés : celui des comportements et des acteurs, celui des équipes de travail, des plateformes, des nouvelles formes de régulation via les nouvelles technologies numériques, organisations…) et enfin celui des écosystèmes d’innovation, des industries et des marchés. Leur analyse implique la mobilisation de méthodologies éprouvées propres aux disciplines (modélisation théorique, analyses empiriques quantitatives et qualitatives, méthodes historiques) mais aussi le développement de méthodes nouvelles (méthodes expérimentales, simulations numériques, machine learning, méthodes qualitatives d’analyse des activités en ligne) dont l’exploration est encouragée par les contours mêmes de la transformation numérique.
Innovation verte & transition écologique

Cet axe analyse l’innovation verte ou « éco innovation ». Il s’agit d’un concept qui est apparu en conséquence des crises environnementales et sociales de la fin du XXème siècle. Elle se distingue de l’innovation traditionnelle de deux manières :

  • ce type d’innovation souligne explicitement la réduction des impacts environnementaux, délibérée ou non
  • l’éco-innovation exerce une influence sur les structures sociales et institutionnelles.
L’innovation verte peut être rapprochée de la notion de changement structurel où apparaissent des verrous à l’échelle individuelle, technologique, organisationnelle et juridique qu’il convient d’identifier.


Cette dynamique implique une réflexion en termes de structuration des marchés et des écosystèmes d’affaires ainsi qu’une prise en compte de la disponibilité des ressources et de la dégradation de l’environnement. L’originalité de la démarche scientifique est de mobiliser une recherche interdisciplinaire -allant au-delà de frontières de l’économie, du droit, du management et de la sociologie – avec l’apport de nouvelles disciplines (agroécologie, sciences physiques, psychologie, biologie marine, science des matériaux, physique électronique appliquée au bâtiment et la consommation énergétique…) – pour comprendre les moteurs de l’innovation verte et les difficultés de la transition écologique.

Dynamique des organisations & des territoires

Cet axe est dédié à l’analyse des interactions entre dynamique de l’innovation, dynamique des organisations et dynamique des territoires. Il inclut les phénomènes d’émergence de l’innovation, qui reposent sur une analyse des mécanismes de coordination favorisant la création de connaissances ou de combinaisons de connaissances existantes ; les phénomènes de diffusion de l’innovation, via les mécanismes explicatifs de leur adoption, qui impliquent des ruptures et des adaptations dans les processus d’apprentissage ; et les phénomènes d’impact de l’innovation sur l’économie, qui permettent de traiter les questions de résilience selon l’originalité ou la radicalité de l’innovation mise en œuvre.
Cette approche se décline :

  • au niveau individuel et intra-organisationnel,
  • au niveau inter-organisationnel et sectoriel,
  • à des niveaux agrégés, tels que les villes, les régions ou les pays. 
Il y a plusieurs éléments novateurs dans ces travaux. Tout d’abord, il y a une originalité thématique en investiguant des domaines encore peu développés (analyse de la compétitivité à différents niveaux et échelles spatiales, smart cities, industrie 4.0, impacts du financement public de la recherche, identification des idées de rupture dans la science et l’innovation, firmes à très forte croissance (gazelles), etc.). Ensuite, l’axe a une originalité pluridisciplinaire qui permet de confronter les méthodes (qualitatives, quantitatives, économétriques) et les niveaux d’analyse propres à chaque discipline (de l’individu au global).
Innovations financières & financement de l'innovation

Cet axe considère qu’il est impossible de comprendre la dynamique des systèmes financiers sans s'intéresser aux interactions entre leur architecture technologique et les comportements humains. La dynamique des innovations technologiques, souvent permise par l'apparition de nouveaux modes de financement, est au cœur de nouvelles pratiques financières qui conditionnent en retour l'évolution des systèmes financiers. Cette approche implique de développer une conception globale de la dynamique des systèmes financiers afin de comprendre l'émergence de comportements et de valeurs agrégés ainsi que de nouveaux acteurs. Elle nécessite d'analyser comment les innovations financières engendrent un besoin de nouveau mode de régulation. Elle requiert de comprendre l'originalité des modalités de financement des projets innovants par rapport aux projets traditionnels.

Trois principales questions de recherche sont abordées :

  • innovations financières et dynamique des systèmes financiers
  • innovations et institutions financières, nouveaux modes de régulation
  • nouveaux modes de financement de l'innovation et nouvelle pratique de paiement.

En termes de méthodes, l'axe prend appui sur les méthodes traditionnelles développées en économie et en gestion, à savoir la modélisation théorique et l’économétrie. Une spécificité importante est de recourir aux méthodes utilisées en histoire de la pensée économique, en particulier l’examen des fonds d’archive, en histoire de l’analyse, en histoire des idées et en philosophie économique.